Comment l'IA Claude lit une séance natation

28 avril 20269 min lectureNoann avec Henri, nageur semi-élite

Une séance de natation, c'est d'abord de la matière brute : une suite de mesures horodatées, des longueurs de bassin, des positions GPS approximatives (le signal se perd sous l'eau). Qu'elle soit saisie à la main aujourd'hui ou importée depuis un fichier de montre demain, elle reste illisible telle quelle pour un coach. Voici comment on la transforme en fiche claire.

1. Récupération et mise en forme

Première étape : convertir la séance vers un format unique, commun à toutes les provenances. Ce format pivot est indépendant de la source : qu'une séance soit saisie à la main aujourd'hui ou importée depuis un fichier de montre demain, elle sera traitée exactement de la même façon — sans avoir à réécrire le code pour chaque marque de montre.

2. La structure de la séance

À la saisie, l'athlète renseigne ce qui compte : la taille du bassin, ses temps aux 100 m, ses splits 25 m, sa fréquence de nage, son SWOLF, sa fréquence cardiaque, son ressenti d'effort. Tous ces champs sont optionnels — la lecture s'adapte à ce qui est présent plutôt que d'exiger une saisie exhaustive. La reconnaissance automatique des blocs (échauffement, corps de séance, récupération) n'existe pas aujourd'hui : elle suppose un enregistrement longueur par longueur, que seul un fichier de montre contient.

3. Le bon modèle selon le niveau

Deux niveaux : Amateur, Élite. Pour Amateur, on appelle Claude Sonnet (modèle rapide, suffisant pour un langage accessible, vocabulaire club). Pour Élite, on bascule sur Claude Opus (modèle plus capable, comprend les nuances PMA/VMA/Lactates, ne confond pas seuil aérobie et seuil anaérobie). Ce choix de modèle est automatique, transparent pour l'utilisateur.

4. Une consigne IA adaptée au contexte

Le prompt envoyé à Claude contient la séance normalisée, le niveau cible, et le contexte de l'athlète quand il est disponible : son objectif personnel, son ressenti de fatigue récent s'il l'a saisi. La comparaison automatique avec les séances précédentes n'est pas branchée à ce stade. Ce prompt est notre propriété intellectuelle principale, affiné au fil de nos itérations : la qualité de la lecture IA en dépend largement.

5. Garde-fous & validation

Claude renvoie un texte structuré. Deux contrôles automatiques l'encadrent, tous les deux bloquants : si la réponse est illisible ou coupée en cours de route, la génération échoue et aucune fiche n'est enregistrée — mieux vaut pas de fiche qu'une fiche à moitié écrite. En revanche, la détection automatique des valeurs aberrantes (une allure de 50 m sous 18 s, par exemple) n'existe pas encore. En club, c'est la relecture du coach avant signature qui joue ce rôle ; en solo, il n'y a pas ce filet, et c'est précisément pour ça que le travail sur les prompts compte autant.

6. Livraison : validation coach (club) ou directe (solo)

En club, la fiche arrive côté coach en statut brouillon. Le coach lit, ajuste si nécessaire (un mot, une nuance), signe. L'athlète reçoit alors la version validée : la signature rappelle que le coach reste responsable de la lecture. En solo, il n'y a pas de coach humain : la fiche est livrée directement à l'athlète, sans le filet de relecture décrit à l'étape 5.

« Sans le coach qui signe, on aurait construit un chatbot. Avec la signature, on a construit un outil de coaching. »

Coût & limites

Un plafond mensuel de fiches par athlète, ajusté pendant la bêta selon l'usage réel observé. Au-delà, l'analyse est mise en file et l'utilisateur est notifié. On ne veut pas qu'un usage anormal explose la facture API sans qu'on s'en aperçoive.